L'attente dans les aéroports peut être longue, d'autant plus longue que si l'aéroport dans lequel vous vous trouvez est rudimentaire : pas de toilettes, pas de sièges ou alors les seuls qui existent ne vous donnent pas envie de vous assoir tellement ils sont sales et délabrés, aucune ventilation... croyez-moi, 3h à attendre l'heure tant désirée du check-in cela peut paraitre une éternité !
L'humidité est accablante. Les ventilateurs rouillés datent d'une autre époque, certainement celle où l'électricité parvenait jusqu'ici. La fréquentation n'a pas pour autant diminuée mais la léthargie du personnel et l'appauvrissement des installations font qu'on s'y sent mal. Mais que faire lorsqu'on doit attendre ?
J'y suis habitué. Ce n'est pas la première fois et certainement pas la dernière. "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage" avait écrit Lafontaine. J'essaye donc de me fondre dans la masse, de me faire oublier pour ne pas être repéré par les autorités qui, quelque soit le pays il faut dire, ont toutes le même jeu : celui de vous demander vos papier... ce que vous transportez et de le voir (ce qui est souvent casse pied)... d'où vous venez et où vous allez... "Normal !" vous exclamerez vous ; oui je vous l'accorde, mais après 5 ou 6 fois les mêmes interrogations par des personnes différentes, cela parait moins "normal" surtout dans cette moiteur environnante où nos esprits d'occidentaux sont déjà échauffés par la chaleur du milieu.
Je sue tellement que la paume de ma main gauche colle au papier sur lequel j'écris. Je transpire sous mes habits et bien qu'ils soient dits "techniques" avec des fibres respirantes, légers où je ne sais quoi d'autre et bien le résultat est là : je dégouline de sueur et je pue !
Autour de moi ils baillent tous au corneille, ils marchent en trainant les pieds et en ballotant lascivement leurs bras pour accompagner harmonieusement cette démarche que l'on retrouve dans la majeure partie des pays équatoriaux.
Et moi dans tout ça je me fais spectateur. J'observe le va-et-vient des employés de l'aéroport en cherchant pourquoi l'un marche plus vite que la majorité ? A-t-il une envie pressante ? Mais non, il tient dans sa main gauche un papier. Certainement un document important qu'il doit remettre à une personne tout aussi importante. Sinon pourquoi autant de vélocité dans cette moiteur ?
Ainsi j'arrive à m'occuper des heures durant. Je transporte mon fardeau de cannes à pêche d'un endroit à l'autre selon l'orientation du soleil, le flux de personnes ou bien
même l'orientation du vent lorsqu'il apparait. Je jongle entre 2 ou 3 endroits stratégiquement trouvés... puis vient enfin l'heure du check-in. Je me rapproche enfin de l'heure tant attendue. Ce
n'est pas finit, il faut enregistrer les bagages, passer les douanes et la frontière avant d'attendre une salle où la ventilation existe enfin ! Après cela se sera l'Europe ! Ses gens pressés, sa
pollution, ses panneaux publicitaires, la télévision, internet... la "civilisation".
Mais pour moi ce sera l'occasion de me remettre d'un régime alimentaire dicté par les contraintes du pays dans lequel je séjournais, de voir mes proches, de profiter de certains plaisirs
que la civilisation nous offre avant un prochain départ. Où ? Je ne sais pas. Mais je connais la musique et ça, ça me facilite bien des choses !
Cela dit ton texte me plaît bcp ;- )
Bon vivement les crocos du leman !!
Oh tu sais Yves, ces quelques lignes datent d'il y a deux ans déjà... et je ne m'ennuie pas du tout !